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La bataille d'Issos (334 av.J.-C) entre Alexandre le Grand et Darius III (mosaïque romaine découverte à Pompéi).
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mercredi 12 juin 2019

[Multi] Napoleon last battle : Les Quatre-Bras et Ligny !

Il y a quelques semaines déjà, j'ai eu la chance de pouvoir jouer lors d'une journée chez Bertrand, au wargame "Napoleon Last Battle - The Watreloo Campaign, 16-18 june 1815" aux éditions SPI en compagnie de 3 autres joueurs : Nicolas, Gérald et notre hôte Bertrand. Je vais essayer à travers de cet article de restituer un peu l'ambiance et le déroulement dans les grandes lignes de cette partie qui a commencée un samedi matin le au alentour de 9:30 et s'est terminée vers 18:00. Très bonne lecture !

La boite ancienne de 1976 du jeu auquel nous avons joué.

Un samedi matin de mai 2019, je prenais la route vers un haut lieu de l'histoire de France où Jeanne d'Arc a remporté une victoire décisive qui allait décapiter la fine fleur des archers d'élite anglais : Patay (mais cela est une autre histoire). Après un café/croissant qui permettait aux futurs adversaires de se jauger et surtout discuter wargames, il était temps de se pencher sur la carte et de déterminer qui allait jouer Wellington, Blücher, Napoléon et Ney. 

La ou plutôt les cartes de jeu. La partie gauche figure
 la bataille des Quatre-Bras et celle de droite : Ligny.

Le tirage au sort des camps me donne le Maréchal Ney.
Je vais jouer la bataille des Quatre-Bras contre Wellington alias Nicolas.

Le tirage des camps donne Bertrand/Napoléon contre Gérald/Blücher à Ligny et Nicolas/Wellington contre moi-même/Ney au Quatre-Bras. Je pars dans l'inconnu au niveau adversaire mai heureusement pas au niveau de la bataille que je connais assez bien pour l'avoir pas mal étudiée et surtout jouée quelques fois en solitaire mais aussi contre Bertrand sur la série Jour de Gloire (de Frédéric Bey).

Je n'ai pas pris des photos lors de tous les tours mais seulement lors des phases critiques. Voici, un florilège d'images lors des moments critiques de cette partie.


Le set-up initial de la bataille des Quatre-Bras.
Coté français, Le Maréchal Ney est situé à Frasnes en compagnie de Reille et Kellermann un peu en arrière vers la ferme fortifiée de Grand-Champ. D'Erlon est quant à lui à Grosselie et ne pourra intervenir que tardivement sur le champ de bataille. Du coté des Alliées, Le Prince d'Orange est au carrefour des Quatre-Bras avec Wellington sur la route vers Ligny et enfin Perponcher est à coté de la ferme de Gemioncourt.

Les positions au départ des deux batailles et les paravents vont permettre
 de mettre un peu d'inconnu dans le déroulement de la partie.
Nous somme au début de la bataille, les français de Reille sont
 au contact des forces Anglo-Hollandaises devant la ferme de Gémioncourt

D'Erlon est arrivé sur le champ de bataille et va porter l'attaque
 sur le flanc droit Anglais au niveau du bois de Bossu.


Les colonnes de renforts Alliés arrivent de la route
 de Bruxelles passant par Mont Saint Jean.

Les corps français ne peuvent pas tous avoir un ordre et
Ney décide de porter l'attaque au centre.

En bas de la carte, Napoléon a envoyé Grouchy seconder Ney
 et surtout lui permettre de commander d'avantages de corps.

Les premières estafettes partent vers Napoléon quérir des information
 sur le déroulement de la bataille à Ligny et savoir s'il faut fermer
 la route menant des Quatre-Bras à Ligny.


La réponse de Napoléon est clair : Blücher recule au nord et va tenter d'attaquer
vers les Quatre-Bras (donc de faire jonction avec les Anglais).

Les Anglais se sont regroupé autour de Wellington aux Qautre-Bras,
la position devient forte pour eux.
D'Erlon se place à la gauche Française avec pour objectif
 de prendre le bois de Bossu.

Les anglais tentent une attaque au centre sur le corps de Ney !

Mais Ney se défend bien (merci les dés) et repousse pour un temps
 les lignes d’infanterie anglaise.



Les français peuvent tenter une attaque dans le bois de Bossu à condition d'avoir des ordres.
Mais tant que Grouchy n'est pas là, un seul corps peut être commandé.
 
Une vue de la bataille d'ouest en est (vers Ligny derrière le paravent).



Quelques tour plus-tard, les Français n'ont pas pris le carrefour
 malgré de furieuses charges de cavaleries dans le bois de Bossu.



Les renforts Anglais arrivent et le carrefour
devient quasi imprenable sans une puissante attaque française !

En bas de la carte, on peut voir un renfort Français
venu du coté de Ligny, il s'agit de Grouchy venu en aide à Ney
qui ne peut commander l'ensemble des force française.
Un message est en cours d'acheminement entre Ney et Napoléon via une estafette.

La bataille fait rage désormais au Quatre-Bras. Une ligne de contact s’étend
 du bois de Bossu jusqu'à l'étang Materne. Les Français semble prendre le dessus
 dans le bois de Bossu mais malheureusement la cavalerie
n'y est pas du tout efficace. Les Anglo-Hollandais on judicieusement fait recul
en dehors du bois afin de regagner des forces lors des combats.

Pendant ce temps là, Ney revient avec quelques renfort de Ligny
(mais sans la garde à sa demande).

Les français semblent repousser les Britanniques en dehors du Bois de Bossu
...serait-ce un piège tendu par la perfide Albion ?

Ney pense encore prendre le carrefour avec une attaque au centre
mais elle ne doit pas raté sous peine d'ouvrir son propre centre au Anglais.

Mais les Britanniques se renforcent de plus en plus,
le carrefour s'éloigne pour Ney.

On peut voir ici que les ailes des Alliées ont été confiées aux Hollandais et Belges,
tandis que le centre est contrôlé par Wellington et les Anglais.

Un renfort Belge pour les estomacs des joueurs.

De merveilleuses frites Belges (deux fois cuites)
dans un restaurant Belge à proximité de chez Bertrand.
Reprise des hostilité après la pause restaurant.
Il y a une bataille a mener pour Ney et Wellington.

Vandamme s'enfonce sur la route qui mène au Quatre-Bras
tandis que Kellermann est dans le bois de Bossu.
La droite française est inactive faute d'ordre mais elle contient
 tout envie de débordement des Anglo-hollandais vers Ligny.



Napoléon a demandé à Ney de le rejoindre du coté de Ligny
 afin de tenir une conférence d'état major.


Un moment important se tient en début d'après-midi (de notre partie), Bertrand/Napoléon convoque Welnin/Ney pour une conférence d'état-major du coté de Ligny afin que ce dernier prennent connaissance du déroulement de la bataille et surtout qu'il prennent ses ordres de Napoléon. Le résultat de cette conférence au sommet est qu'il est décidé que Ney Porte l'effort sur la gauche Anglaise et qu'il cède du terrain dans le Bois de Bossu.

Tous semble encore possible pour les deux camp
même si le centre français semble un peu faible.
 
Les messages des estafettes de Napoléon sont plutôt encourageantes,
il semble que Blücher passe un mauvais moment face à Napoléon.


Ney revient de son entrevue avec Napoléon, il est à droite sur la carte.

Pendant ce temps là le joueur Anglais ne reste pas inactif
et sentant la défaite proche pour les Prussien,
décide d'attaquer fortement à son tour la ligne française.

Comme le prévoyait Bertrand, Nicolas lias Wellington porte
 l'attaque dans le bois de Bossu.

Je retraite et recule prudemment en arrière du bois
qui ne m'apportait finalement que des malus
dans le comptage des facteurs de combat pour la cavalerie.

Dans un dernier effort je réussi finalement à repousser les Anglais
sur mon aile gauche mais j'ai perdu une unité dans l'histoire.


Le Bilan : 

La partie s'est achevé vers 18 heures car l'un des participants venu de la capital avait un train à prendre. Quel bilan tiré de cette partie d'une bonne journée de jeu à quatre joueurs ? Premièrement c'est une formidable expérience de jeu qui nous a été proposé par Bertrand. Les paravents entre les deux batailles a permis de mettre de la tension et du suspense dans le déroulement des batailles. Le rôle des estafette a été primordial pour permettre d'avoir une idée de la situation à Ligny et aux Quatre-Bras. Deuxièmement, le moment fort de la partie pour moi aura été lorsque j'ai pu contempler le déroulement de la bataille de Ligny suite à la conférence au somment entre Ney et Napoléon. Troisièmement j'ai eu fort à faire contre Nicolas qui jouait Wellington et les forces Ango-Alliées aux Quatre-Bras. Il a su attaquer au bon moment pour me faire des pertes importantes autour de la ferme de Gémioncourt non loin du carrefour des Quatre-Bras.

Enfin, je remercie Bertrand pour avoir organisé cette journée de wargame chez lui et je sais que cela n'est pas facile lorsque l'on a une vie de famille bien remplie. Donc un grand merci à mes camarades de jeu pour cette partie qui restera un très bon souvenir ludique.


La situation finale à la fin de la journée de jeu.

Un zoom du coté de la bataille de Ligny.
Les prussiens retraitent vers Wavres.

Un zoom sur la situation aux Qautre-Bras. Les Anglo-Alliés sont toujours
 maître du carrefour et des renforts arrivent de leur coté.

Les pertes françaises sont importantes
mais pas catastrophiques ... pour l'instant.


A suivre ...

samedi 11 février 2017

[J'ai lu] Napoleon, chef de guerre de Jean Tulard.

Je viens récemment de terminer la lecture du "Napoléon chef de guerre" de Jean TULARD (Texto, Paris, Tallandier, 2015, 379 p.) et je vous propose au travers d'un petit article une présentation rapide du contenu du livre avec une petite critique pour terminer.


La couverture de l'édition chez Tallendier.

La quatrième de couverture nous indique que le génie politique est inséparable du génie militaire de napoléon mais que ce dernier lui aura fait défaut lors de la bataille de Waterloo.


La quatrième de couverture.

Le découpage du livre tient en trois partie entrecoupé de plusieurs chapitres :
  • La première partie traite de la préparation de la guerre au travers de chapitre concernant l'administration de la guerre, l'état major, les maréchaux et les généraux, les soldats, l'armement, le renseignement, la cartographie, le financement de la guerre et de la garde,
  • La deuxième partie traite de la guerre et explicite les thèmes suivants : le corps d'armée, les manœuvres, la bataille, après la bataille, les prisonniers de guerre, les morts et la paix,
  • Enfin la dernière partie concerne l'aspect de la défaite au travers de la guerre psychologique, maritime, économique, la guerilla et la contre-guerilla et la bataille pour la postérité. 


Jean Tulard, l'auteur et imminent spécialiste de Napoléon Bonaparte.

Critique :

Il s'agit bien là d'un très bon livre de synthèse sur Napoléon Bonaparte et sa gestion de la guerre qui permet à un néophyte d'aborder cet aspect par diverses angles.

Jean Tulard est un imminent spécialiste du personnage et ce livre en est la démonstration (qui n'est plus à faire). Les 379 pages du livre se lisent très rapidement et permettent de comprendre comment l'Empereur a pu s'engager dans des campagnes victorieuses dans toute l'Europe. 

En parcourant ce livre, j'ai pu enrichir ma connaissance de ce "génie" militaire et politique. Pour ce dernier aspect, je connaissais très bien les apports de Napoléon du point de vue des institutions et aspects juridiques (avec le code civile notamment). En fait, c'est plutôt du point de vue militaire que j'ai appris le fonctionnement de l'armée napoléonienne et le pourquoi elle a connu le succès lors de batailles terrestres à l'occasion des premières années de l'empire. L'organisation de l'armée et le fait que les "bons hommes" étaient aux bonnes places notamment associés l'armement efficace : canon Gribauval et fusil modele 1777 expliquent pour une bonne part les fulgurants succès de napoléon. Mais là ou ce livre est passionnant, c'est qu'il explique que la plupart des succès de l'empereur n'ont tenu qu'à un fil et que la défaite était souvent proche dans les premières années de l’empire. Ainsi lorsque les tensions entre les maréchaux apparaitront et que les armées coalisées coopéreront enfin et réellement pour mettre fin à l'aventure Napoléonienne, celle-ci prendra fin un triste jour de juin 1815 du coté du village de Mont Saint Jean...

Bref, je ne peux que recommander ce livre de Jean Tulard qui synthétise au sein d'un seul livre plusieurs aspects de la guerre menée par Napoléon Bonaparte. C'est donc un livre indispensable pour tout amateur de wargames portant sur la période Napoléonienne !

Une des cartes présente dans l'ouvrage.
A suivre...  

mardi 6 septembre 2016

[J'ai lu] Waterloo d'Alexandre Barbero.

Dans la lignée de mes précédents articles portant sur la bataille de Waterloo et sa représentation par des wargames (cf. "The fallen eagles" et "Waterloo, la campagne de Belgique") et au travers de livres (cf. "Waterloo, chronique d'une bataille légendaire" de Bernard Cornwell et "Waterloo, l'histoire vraie de la bataille"), je me propose de vous faire part de mon ressenti suite à la lecture du "Waterloo" d'Alexandre BARBERO.

La version que j'ai lu est celle publiée en format de poche au édition libres champs en février 2015.

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Un mot sur l'auteur Italien, Alexandro BARBERO. Il s'agit d'un professeur d'histoire à l'université du Piémont Oriental de Vercelli et un spécialiste de l'histoire militaire. Il a écrit de nombreux livres et romans, pour les plus récents : "Jour des Barbares" sur la bataille d'Endrinople en 378 Ap J.C (publié en 2010), "le Divan d'Istanbul - Brève histoire de l'Empire Ottoman" (publié en 2013) et "La bataille des 3 empires sur la bataille : Lepante 1571" (publié en 2014).

Alexandro BARBERO

Pour en revenir à Waterloo, ce livre a été publié pour la première fois sous le titre original : "La Battaglia - Storia di Waterloo" en 2003 aux éditions Gius Laterza & Figli, Rome-Bari. Ce livre a été traduit en français en 2005 et publié aux éditions Flammarion, puis repiblié en 2008 et 2015 (en format de poche pour la dernière édition) toujours chez Flammarion dans la collection libre Champs.
 
La Battaglia storia di Waterloo d'Alexandro Barbero.



Je pense qu'il s'agit pour moi du livre "référence" sur cette légendaire bataille. En effet, Alexandro BARBERO nous propose une analyse pointue mais très digeste de cette bataille en se plaçant à différents points de vue. Ainsi, au travers des témoignages de soldats des différents camps (Français, Anglo-Alliés et Prussiens), l'auteur nous plonge dans la réalité et la dureté des combats de cette furieuse journée du 18 juin 1815. 

A la lecture du livre, il m'a semblé qu'Alexandro Barbero n'a pas de parti pris pour un camps ou un autre. Il analysé de manière chronologique et méthodique les différents affrontements dans la bataille.

Mais la principale prouesse de ce livre réside dans le suspense entretenu tout au long du livre pour connaitre le vainqueur ! Étonnant quant on connait l'issue de la bataille mais j'avoue avoir été pris dans l'histoire et tenu en halène pour connaitre le moment où tout bascule et que se détermine le camps qui sortira vainqueur.

Enfin, selon l'auteur la principale cause de la défaite de Napoléon réside dans la résistance acharnée et inattendue des troupes coalisées et notamment Anglo-Belge. L'intervention "tardive" des Prussiens aurait permis selon lui de transformer la défaite de Napoléon en déroute !

Conclusion :

Il s'agit pour moi du livre "référence" sur celle légendaire bataille qui sonna le glas de l'empire Napoléonnien. La lecture de ce livre est extrêmement prenant et permet de bien comprendre du point de vue opérationnel le déroulement de cette bataille et le fonctionnement des différents types d'unités présent ce jour là.

Comme l'aurait écrit le Duc de Wellington après la bataille : "Je n'ai jamais vu une rencontre entre deux cogneurs du genre. Nous étions tous les deux ce que les boxeurs appellent des "gloutons" (terme d'argot désignant qui n'a pas peur du corps à corps et se laisse massacrer plutôt que de jeter l'éponge).



"C'était presque le soir..." 

 A bientôt...